
Hélène Escriva - "Musas"
Elles sont belles et folles, impertinentes et libres les Muses qui l’a-Muse. Colette, Béatrice de Die, Milva, Judith triomphante, Lois Fuller et toutes celles qui, par la force indomptable de leurs créa(c)tions ont, de tous temps, excité les atomes de sa liberté d’interprète. Hélène est trobaidoritz, elle se rêve diva et joue du tuba. Elle se maquille, se costume dans les chiffons de ces artistes qui l’inspire et transpire les parfums de ces femmes, ardentes et libératrices.
Équipe artistique
Hélène Escriva
Avant de se défaire des habitudes protocolaires et d’affirmer pleinement son penchant canaille, encore fallait-il qu’Hélène Escriva s’adonne à tout ce que la musique classique réclame de travail. Si l’euphoniumiste peut se permettre des représentations raccords à son espièglerie – une touche plus Doc Martens que costume en queue de pie – c’est parce qu’elle a aiguisé son exigence sur les règles des récitals et des orchestres. Le soleil toujours dans un coin de la tête, l’accent du sud rehaussant ses consonnes et ses voyelles, Hélène a préservé son caractère enjoué et franc du collier. Une constance qui a étayé sa trajectoire ; une évolution qui l’a menée d’interprète à artiste complète.
Sa vocation, Hélène la poursuit par un cursus aménagé au lycée, s’imposant une ascèse cadencée comme un métronome. Le b.a. -ba pour devenir une virtuose de l’euphonium. L’ébahissement face à la puissance de cent musiciens interprétant Chostakovitch, les heures de répétition qui se répètent elles-mêmes à l’envi ; les auditions, les concours et les premières places ; les journées rivées sur les partitions et les nuits à bachoter Bach, lui permettent d’entrer au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Elle saisit là les règles immuables de ce microcosme où, pour réussir, il ne faut suivre qu’une voie : se présenter à d’autres concours, à d’autres auditions, et bis repetita. Elle qui s’était spécialisée dans un instrument trop récent pour avoir sa place dans les orchestres symphoniques, parvient à s’en faire une, et à se produire dans le monde entier, de l’ Asie aux États-Unis.
Déterminée à explorer, à pousser les potards un cran plus haut, Hélène ajoute la trompette basse à son répertoire. Avec la Compagnie du Hanneton, l’euphoniumiste découvre ce qui lui manquait tant – une vie de troupe, jouer de la musique classique tout en sortant des partitions trop convenues. Parce qu’elle s’y frotte au pantomime, à La danse et au théâtre, elle réalise que ses talents d’instrumentiste peuvent soutenir des créations aux croisements de plusieurs disciplines. Une tonalité plus sauvage, un brin indisciplinée.
Emportée par les riffs de Floyd autant que par le trait de Toulouse-Lautrec, Hélène reste fidèle à sa réputation de ne jamais tenir en place, et à son instrument de cœur – s’épanouissant au sein de nouveaux espaces, elle se fait la promesse de vibrer par des performances hautes en couleur.
Qu’elle s’installe derrière le pupitre d’un auditorium, devant une classe au Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Paris ou à la Haute Ecole de Musique de Genève, pour enseigner tout ce qu’un cuivre a électrisant; qu’elle regagne ses pénates à Lyon pour concrétiser ses ambitions d’artiste musicienne, Hélène ne manque pas de décliner ses imaginaires. En lançant asH!, elle insuffle cette volonté d’ouvrir la musique aux publics par une pluralité d’expressions artistiques, et devient cette instrumentiste qui voit plus loin que la seule maîtrise de son instrument, cette curatrice de créations impertinentes.
Hélène Escriva Interprétation
© Photo : Anne-Laure Etienne.
Dans le cadre du festival ZONE XP - Festival des musiques exploratoires
Avec le soutien de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la Ville de Lyon et la Métropole Grand Lyon.
