Ensemble Intercontemporain

Les trois œuvres de Gérard Grisey choisies par l’Ensemble intercontemporain appartiennent à la dernière période de sa vie, alors qu’il avait cessé de prendre le sonore comme seul modèle absolu d’écriture pour ses compositions. Ainsi, dans Stèle, pour deux percussionnistes (1995), le compositeur part à la quête du mythe et se demande comment il peut le voir émerger des durées musicales. Il trouve une source d’inspiration : « En composant, une image m’est venue : celle d’archéologues découvrant une stèle et la dépoussiérant jusqu’à y mettre à jour une inscription funéraire. » Il y a effectivement l’idée d’un dévoilement à travers l’évolution des rythmes archaïques et telluriques cette œuvre. Plus complexe, Vortex Temporum, pour piano et cinq instruments (1996), entraîne irrésistiblement l’auditeur dans les tourbillons, les méandres et les circonvolutions des rythmes en constantes métamorphoses, qui se jouent du temps. La clarté des processus des compositions initiales du jeune Grisey laisse ici la place à une construction beaucoup plus dense et jalonnée d’épisodes. Enfin, les Quatre Chants pour franchir le seuil (1998) constituent sa dernière œuvre, écrite quelques semaines seulement avant sa mort prématurée, des suites d’une rupture d’anévrisme. Ils proposent une réflexion au travers de textes appartenant à quatre traditions religieuses distinctes, chrétienne, égyptienne, grecque et mésopotamienne. Cet ultime chef-d’œuvre, qui s’agence de fait comme le requiem de son auteur, est poignant tant par la force de son livret que par son intensité musicale.

Programme

Gérard Grisey :

Stèle, pour deux percussionnistes

Vortex Temporum, pour piano et cinq instruments

Quatre Chants pour franchir le seuil, pour voix de soprano et quinze musiciens

Distribution

Ensemble intercontemporain

Ryan Bancroft : direction

Sophia Burgos : soprano

Gilles Durot, Samuel Favre : percussions

Sébastien Vichard : piano